GABIN LE BÉLIER
- Yani Creation
- 26 mars
- 2 min de lecture
On raconte que, bien avant d’arriver à YaniLand, un mouton-bélier descendit un jour des hautes montagnes, là où l’air est si pur qu’il pique un peu le museau.

C’était le temps de la transhumance, ce grand voyage collectif où l’on avance serrés les uns contre les autres, en bêlant pour se donner du courage.
Mais ce mouton-là… eh bien, il avait la tête un peu ailleurs.
Distrait par un nuage en forme de carotte (ou peut-être était-ce un dragon, les avis divergent), il s’éloigna du troupeau sans s’en rendre compte. Quand il leva enfin les yeux, il n’y avait plus personne. Juste le vent. Et beaucoup trop de silence pour un mouton.
Il marcha.
Un jour.
Puis deux.
Puis… deux semaines.
Pendant ces longues journées d’errance, son épais poil laineux, blanc et soyeux comme une crème fouettée bien montée, devint un refuge inattendu pour la nature. De toutes petites fleurs aux tons pastel commencèrent à y pousser : rose poudré, lilas timide, jaune très doux.
Et quand il se mettait à courir — parce que parfois, un mouton paniqué court sans raison valable — il laissait derrière lui une pluie de pétales, comme s’il semait sans le savoir un chemin fleuri.

Un matin, alors qu’il faisait une sieste bien méritée dans une vallée paisible, il fit une rencontre… sans vraiment la remarquer.
Un boeuf mélancolique passait par là.
Un grand boeuf au regard profond, soupirant souvent, amoureux d’une vache magnifique mais bien trop impressionnante pour son petit cœur timide. Il rêvait de lui offrir le plus beau bouquet de toute la vallée, mais impossible de trouver des fleurs à la hauteur de ses sentiments.
Jusqu’à ce qu’il les voie.
Un tapis de fleurs parfait.
Pastel. Délicat. Absolument sublime.
Sans se poser trop de questions (ce qui arrive souvent quand on est très amoureux), le taureau cueillit soigneusement les fleurs… directement sur le dos du mouton-bélier endormi.
Il repartit, le cœur léger, sans jamais remarquer que le tapis fleuri… avait doucement ronflé.
Le mouton, lui, se réveilla un peu décoiffé, un peu moins fleuri, mais toujours aussi doux. Il reprit sa route, laissant encore quelques pétales derrière lui, jusqu’à apercevoir au loin une ville chaleureuse, pleine de couleurs et de rires.
C’était YaniLand.
Là-bas, personne ne trouva étrange qu’un mouton arrive avec des fleurs dans la laine.
Après tout, à YaniLand, on accueille toujours les âmes vagabondes, surtout celles qui sèment un peu de beauté sur leur passage 🌼
Et depuis ce jour, on dit que quand un bouquet est particulièrement beau dans la vallée… C’est peut-être qu’un mouton-bélier est passé par là.





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